mardi 9 juin 2015

Janvier 1990 : Naufrage du Chartres


Après avoir heurté la jetée, le Chartres commence à sombrer dans l'avant-port. La brèche sera colmatée.




23 commentaires:

  1. Il y avait gros temps il me semble, c'est pour ça qu'il a heurté la jetée. De mémoire il n' y a pas eu de victime.
    Commandant Gérard DELAUNAY je crois.
    Grosse frayeur sans doute.

    Barcos

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    1. Le gros temps, oui;... et surtout une déferlante genre lame "scélérate", dans le milieu de la Manche, qui a fait exploser les vitres de passerelle ( sécurit. de 1cm d'épaisseur environ!...) ce qui a noyé les pupitres de commande.....et de ce fait paralysé le navire, en stoppant tout!....les mécanos ,hyper-professionnels, ont tout remis en route, en procédure de sécurité, en moins de 3 mn!....ce qui a sauvé le navire!...Mais...car il y a un MAIS...la gouverne du navire se faisait en manuel!...dans la soute arrière, dans le local de barre de secours.
      et c'est cela qui a fait la relative lenteur de réaction du gouvernail, au moment de rentrer à Dieppe, avec encore du très gros temps....ce qui le fit heurter la jetée Est en entrant, et créant de ce fait, une brèche, sous la flottaison d'une vingtaine de mètres, au niveau de la cambuse et des groupes électrogènes.
      voilà résumé, le "pourquoi" du choc avec la jetée.
      ( le commandant n'était pas G.Delaunay.)
      JL

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    2. J étais officier radio sur le Chartres à cette époque et j 'étais en congé ce jour là.
      Je rappelle le contexte : le tunnel sous la manche n étais pas encore en service , par forts vents de SW le port de Douvres était très souvent fermé pour éviter qu un navire ne bloque le trafic en cas de naufrage dans le port . A Dieppe/ Newhaven , nous avions la réputation de ne pas souvent relâcher pour faire passer le fret , même par très mauvais temps. Cette journée a bien failli être la dernière pour le Chartres et l ensemble de l équipage et des passagers.

      commandant Yves lerouvreur , second capitaine jean marc Tilly ( je ne me rappelle plus du nom du lieut)
      officier radio Gérard Ancelet
      Chef mécanicien Didier Bonamy second mec Joseph Chaumette et je crois mr las valadas comme 3emme mec



      les previsions méteo étaient exécrables mais nous traversions souvent par gros mauvais temps , avec des vents de SW nous prenions l 'abri des falaises pour rentrer à Dieppe en toute sécurité sauf que cette fois...

      Arrivé à hauteur de GREENWICH un énorme paquet de mer plus fort que les autres ( malgré ce que j ai pu lire dans les commentaires il ne s agit pas du tout d une vague sélerate mais simplement de la mer du vent qui soufflait en ouragan ) a arraché un sabord de passerelle et est entré directement dans la timonerie les borniers de commande des moteurs et de la barre noyés le bateau s 'est stoppé et est venu en travers de la lame..l eau a aussi penétré un pont au dessous et par la mmeme occasion dans les garages en empruntant...les escaliers.
      en fait le sabord de passerelle n 'a pas été vraimnent détruit par le paquet de mer il a tout simplement été " poussé" , en effet le sabord était vissé de l intérieur et de surcroit le sabord était en laiton et les vis en acier donc après électrolyse ...les vis ne devaient plus tenir grand chose.

      les mécaniciens ont réussi à relancer les moteurs et le bateau a pu reprendre sa route vers Dieppe à vitesse réduite et en situation très dégradée puisqu en effet la barre était directement commandée du local barre . Le commandant à donné l ordre à mon collègue d'envoyé le SOS. longtemps après yves le Rouvreur m a avoué qu il s'était vu perdus. à noté que le canot de sauvetage de Newhaven est sorti pour porter assitance au chartres ( bravo les anglais car il fallait y aller...!)

      Entre temps , chose très importante : le vent est passé à l ouest ce qui rendait l 'accès à Dieppe plus difficile qu avec des vents de SW yves lerouvreur à demandé l autorisation de rentrer dans le port de Boulogne , ce qui lui a été refusé..cela aurait été pourtant beaucoup plus simple puisque l entrée de Boulogne est beaucoup plus facile que celle de Dieppe

      ayant des blessés à bord , le commandant a décidé de tenter sa chance.
      en passant la jétée EST le bateau a frotté et une large brèche a été ouverte .
      a noté que sans la présence du caisson renforcé contenant le stabilisateur babord le bateau aurait ete probablement éventré jusqu à l arrière avec le risque de couler dans l 'avant port



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    3. suite....En rentrant de paris par le dernier train et voyant le bazar sur le port je me suis mis aux ordres de Gerard Delaunay qui avait relevé Yves Lerouvreur.

      D'énormes moyens matériels et humain ont alors ete mis en oeuvre pour sauver le bateau
      Comble de malchance certains des clapets de non retour du système des toilettes n 'étant pas étanches l 'eau a commencé à envahir d autres compartiments que ceux initialement partiellement noyés par la brèche

      Durant la matinée j'étais posté à la passerelle avec consigne de donner l ordre d'évacuation au dessus d 'une gité de 20 degrés ( et je vous assure c'est dejà beaucoup...!)

      l intervention du personnel des abeilles internationales a été déterminante car , au risque de leurs vies ils ont réussi à colmater la brèche c'etait vraimnent des très très bons..!


      Nous sommes ensuite resté plusieurs mois au havre pour réparations , les plus gros dommages étaient sur tout le cablage électrique car par capilarité l eau de mer était remontée très loin.Nous avons du changer des kilomètres de cable.

      le bateau a repris la navigation ensuite sur calais Douvres et a transporté des légionnaire pour la première guerre du Golfe, ensuite il a été vendu aux grecs.

      L Avarie du Chartres reste un cas d'école.

      voilà ...



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    4. Tout le monde a fait preuve d'un grand
      sans froid dans cette affaire .
      Procedure normale , le Commandant Le rouvreur est passé devant le TMC ( tribunal maritime de commerce) et comme on s y attendait? a été relaxé , aucune faute n 'ayant été retenu contre lui.

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  2. Précisions:
    Commandant, Le Rouvreur, chef mécanicien; Bonamy; second; J.Chaumette; sans oublier, R.Ridel maitre mécanicien; ( on disait ouvrier mécanicien ) qui fut pendant 2 h00 dans la soute de la barre de secours, en sachant qu'en cas de naufrage......iL était sacrifié!...il n'aurait pas pu en sortir!.....( accompagné il est vrai, du chef Mécanicien, pendant un temps! ...) Chapeau les gars!......c'est vous qui avez sauvé le bateau!....
    JL

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  3. J'espère que ces héros ont été récompensés pour leur bravoure.
    Barcos

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    1. Je ne sais pas trop?...Une chose est sure, ils sont particulièrement modestes, et pour eux, ils ont simplement fait leur "boulot" !..
      JL

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    2. R. Ridel apparenté au novice du Jeanne Gougy J. Ridel qui s'en sortit ? Il est vrai qu'il y a pas mal de Ridel dans le coin, mais au cas où.

      Fausto.

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    3. Non, Fausto, je ne pense pas, celui là est un Ridel de la rue Canu!....de ton quartier quoi!....( il y a longtemps....)
      JL

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    4. j étais hôtesse navigante a bord ce jour là et en récompense on a juste eu un courrier du commandant nous félicitant pour notre comportement
      La compagnie a elle fait silence radio
      nous avons même du nous même nous occuper d'assister certains passagers une fois débarqués

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  4. Est-ce le beau temps qui vous retient à la plage que personne n'alimente le débat ?! Je vais quand même essayer de relancer un peu l'affaire :
    Jean-Louis, tu évoques une déferlante genre "vague scélérate", est-ce fréquent dans la Manche ? Dans mon souvenir, ce genre d'onde a besoin d'une aire de déplacement très étendue comme un océan, je suis surpris qu'il s'en propage aussi dans une mer relativement fermée comme notre Manche.
    G-M

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    1. Si ce n'est pas une vague"scélérate"......vu la hauteur des carreaux de passerelle?.....çà y ressemble bougrement!.....quand aux formations de ces vagues?....les fréquences;de l'onde, les recherches n'ont pas encore de certitude!...

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    2. Chers tous, je n'y connais pas grand chose, mais j'ai lu plusieurs articles qui parlent de vagues scélérates comme de phénomènes océaniques, mais d'autres articles évoquent, peut-être par abus de langage, des vagues scélérates dans la Manche et dans la Mer du Nord.

      Le terme semble être employé parfois par la préfecture maritime pour désigner des vagues impressionnantes dans la Manche. Voir notamment : http://www.normandie-actu.fr/naufrage-trois-marins-pecheurs-secourus-au-large-du-havre_54604/

      En tout cas, ce phénomène, longtemps associé au "folklore maritime", est de nos jours pris très au sérieux, bien qu'il soit encore fort mal connu. En effet, les vagues scélérates se caractérisent par leur caractère soudain et celles qui ont été plus ou moins observées ne sont qu'une toute petite partie de celles qui se sont produites ou se produisent. Parfois, du reste, les "observateurs" ne sont plus là pour témoigner.

      Fausto.

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  5. Comme dit plus haut notre ami anonyme, ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut pas contester la réalité de ce qui a explosé le vitrage de la passerelle à 20 m de hauteur !
    Personnellement, aussi curieux que cela puisse paraître, je n'ai jamais navigué dans la Manche (sauf traversées en ferry vers Newhaven comme passager) et j'aurais bien voulu savoir par ceux qui fréquentent ces parages si c'est totalement exceptionnel ou si il y a d'autres exemples connus. L'article que tu cites Fausto répond en partie à ma question !
    G-M

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    1. Mon cher GM, je n'y connais pas grand chose, je suis à peine marin d'eau douce comme dirait un capitaine que l'on connaît bien (Mille sabords !) et ne fais que lire et me documenter et... aimer Dieppe (c'est cette dernière chose qui me paraît essentielle).

      Pour le reste, vous savez mieux que moi. Je ne fais qu'émettre quelques idées ou pistes de réflexion. J'ai conscience par ailleurs de ne pas être dans mon domaine.

      Fausto.

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    2. Dans les années 50, mon père; naviguant sur le "Suffren" grand chalutier de Boulogne ( prévu pour la mer blanche , et faisant dans les 60 m ) fut couché,plus de 45°, par une lame au large de la Norvège, sur la zone appelée "Utsire",alors qu'il faisait beau temps par ailleurs!...ils appelaient çà , à l'époque une lame sourde?!...2 homme furent enlevés, mais heureusement récupérés!....était-ce ce qu'on appellerait aujourd'hui "une lame scélérate?"
      JL

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    3. J'ai lu que des études sont en cours, pour essayer de comprendre ce phénomène.
      Il proviendrait, de façon parfaitement aléatoire, du regroupement d'énergie de 2, voir 3 lames successives, se remodelant en une seule, mais énorme, avec l'énergie accumulée!...à suivre le développement de ces études, pour en savoir plus long...
      JL

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  6. Sur toutes les photos, on peut voir, à couple, un remorqueur; ce n'est pas le Gabriel de Clieu.......
    En fait c'est le " R1" de la DDE maritime de Rouen, qui se trouvait à Dieppe et surtout avait un très important système de pompage, d'assèchement.
    ( De tout façon, le G .de Clieu était indisponible, suite à avaries, à son étrave).

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  7. tout le monde est en vacances?....
    JL

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  8. j 'ai pas mal de photos j 'étais embarque comme offiier radio sur le chartes à cet époque

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  9. Il m'a été dit que le naufrage contre les jetées aurait pu être évité en le laissant au large du côté de la bouée de rade en attendant que la tempête baisse et qu'il devienne manœuvrable ET aidé par les remorqueurs DE JOUR , car il c'est éventré de nuit.
    Le débat est ouvert...

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  10. J'étais enfant, et habitait Neuville. Le vent empêchait de dormir (ça soufflait au 6 ème étage) La famille était réunie dans la cuisine d'où on distinguait la mer à chaque éclair. Et un navire qui ballottait comme un optimist. On ne pouvait qu'espérer que le Chartres parvienne au port.
    Le lendemain matin en allant à l'école Desselier, le Chartres était à quai, son "nez" un peu enfoncé dans l'eau. Jour après jour nous suivions l'évolution de sa situation.

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