jeudi 1 novembre 2012

"Poil de Carotte" par la Compagnie Jehan Ango



23 commentaires:

  1. "Poil de carotte", voilà le nom que l'on donnait à un de mes amis d'enfance, comme moi, made in Bout-du-Quai (moi le très brun et lui le très roux).

    Entre mépris et moquerie ses taches de rousseur entraînaient raillerie quand ce n'était point méfiance. La marque du diable ou du démon pour les anciens. Judas n'était-il pas représenté roux à l'occasion ?

    Que de souffrances pour l'enfant que mon ami était, que d'humiliations ! Malheureusement pour lui, il n'était pas aussi rusé que le héros du Mayennais. Pas de goupil, pas plus que de Renard. Il aurait été du reste bien en peine d'en faire autobiographie. Rien de cocasse non plus dans ses aventures sinon le triste quotidien de tous ceux qui ont à subir, dès les bancs de l'école publique, ce racisme anti-roux doublé parfois d'un désamour parental et familial, le pire de tous ...

    Bon, la compagnie Jehan Ango et ses représentations qui divertissent autant qu'elles éduquent. Liée à la ville, elle en est aussi signe culturel (j'ai cru percevoir de mail en mail le prénom d'un de ses membres).

    Était-ce par ailleurs cette Compagnie Jehan Ango qui égayait mes années de Lycée (établissement sous le signe de l'armateur également) devant un public, il est vrai, formé de jeunes potaches, pas toujours très silencieux ?

    Quel plaisir en tout cas de voir et d'entendre ce Jean-Baptiste de cour à travers ses personnages qu'ils fussent barbons, gérontes, jeunes premiers, avares, avaricieux ou fourbes. En d'autres termes, la classe ! (une autre classe sans doute que celle des habituels cours et ce, jeux de mots, conceptisme ou, pire encore, préciosité, mis à part).

    F. Garasa.

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    1. La Compagnie Jehan Ango existe depuis 1951. La cheville ouvrière est toujours Francine Herbelin qui vient de fêter ses 87 printemps. Elle est toujours sur les planches. Elle interprête "Sarah" de John Murrell ( adaptation d'Eric-Emmanuel Schmitt.Une pièce sur Sarah Bernhardt.
      Olivier

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    2. Oui, je connais le Texan et son "Memoir", alias "Sarah" et son dernier été. Pas l'adaptation, je l'avoue, mais j'imagine que cela doit être excellent. Et puis encore des souvenirs. C'est à croire que Quiquengrogne en fait exprès. Tant mieux alors.

      F. Garasa.

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  2. Poil de carotte serait-il le fils de madame Ango ?

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    1. Non, pas le mien. Pas de poissarde en vue, pas de lyrisme non plus, pas plus que de Lecocq et autres géniteurs. A moins que le fils de madame Angot soit, et je crois avoir compris, celui de madame Ango. Alors là, oui, vous avez sans doute raison. C'est sûrement lui.

      Amitiés "mailiniennes".

      Fausto Garasa.

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    2. Un orphelin qui aurait peut-être aimé l'être vraiment. Ce jeune Lepic est certes un des fils du Mayennais et par conséquent de l'heureuse Compagnie (de mesdames et messieurs Ango, donc), mais ce n'est pas exactement celui de mon Bout-du-Quai, celui de mon enfance. Il lui ressemble cependant un peu.

      F. Garasa.

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  3. Pour avoir moi aussi usé mes fonds de culottes au"PAVILLON DE BERRY",j'ai de bons souvenirs des pièces que nous allions voir au poulailler du théâtre 'devenu musée si j'ai bien suivi l'actualité dieppoise,et pour ne pas être silencieux nous l'étions .Deux souvenirs lors de la piéce "l'amour des 4 colonels" iul y a "je me demande si je suis amoureux de toi,le suis je?" ;l'héroïne "l'es tu?" et nous tous en choeur"quelle salade";dans l'APOLLON DE BELLAC le rôle principal était tenu par un de nos profs de math qui a un moment "je suis l'apollon de bellac" et nous "non t'es le grand jacques!" ç 'était ainsi que nous le surnommions;nous étions vraiment irrévérencieux

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    1. Je vois que nous ne nous sommes pas compris et que cette incompréhension mutuelle, qui transparaît de message en message, est due à ma façon de m'exprimer, pour le moins allusive. Quelques précisions pour conclure :

      1. "Poil de Carotte" est, comme vous le savez peut-être mieux que moi, un roman du "Mayennais" Jules Renard (né à Châlons-du-Maine). Le roman fut adapté au théâtre (Renard et André Antoine. Comédie en un acte avec quatre personnages, dont le petit Lepic)et je suppose que c'est de cette adaptation dont il s'agit. Tout cela m'a rappelé le drame de la rousseur (je n'exagère pas), celui du désamour parental et un de mes amis d'enfance qui, il est vrai, ne ressemblait que de loin au petit Lepic (réalité autobiographique de J. Renard ?), notamment parce qu'il n'en avait pas la ruse et qu'il n'était pas goupil ou Renard (avec un "R" majuscule pour le jeu de mot).

      2. Le petit Lepic n'est bien entendu pas le fils de madame Angot (avec un "t"), ce personnage bien connu des comédiens qui incarne la poissarde parvenue. Son "géniteur" n'est pas davantage Charles Lecocq, auteur de "la Fille de Madame Angot", opéra-comique en trois actes. De là le "pas de lyrisme non plus".

      3. Le petit Lepic est peut-être le fils de madame Ango (sans "t", autre jeu de mot vaseux dont j'ai le secret). S'il est le fils, c'est-à-dire la création du "Mayennais", il est aussi le fils (adoptif ?) de l'actrice de la compagnie Jehan ANGO (du nom de l'amateur bien connu des Dieppois)qui va jouer le rôle de la mère. Poil de Carotte est donc aussi le fils des Ango C'est du moins le jeu de mot que j'ai cru déceler dans les propos d'Alain. Blague à laquelle je me devais de répondre sur le ton de la plaisanterie.

      4. Le Texan est John Murrell (né à Lubbock au Texas).

      5. Enfin, mon J.B. Poquelin salvateur et ses personnages intervenaient, en ce qui me concerne, non pas au Pavillon de Berry, mais dans la grande salle du Casino dans les années 70. Cependant, comme le souligne fort justement Alain, le bruit était fréquent, tout comme les blagues de jeunes potaches, pas toujours très intéressés par ce qui nous intéressait, moi et quelques autres (le théâtre) à tel point que les acteurs s'arrêtaient parfois de jouer (fort bien du reste) pour calmer les bambins qui de la sixième à la terminale avaient parfois tendance à prendre l'après-midi pour une phase de détente où culture et beauté du texte, des voix et de la gestuelle passaient inaperçues. Il est du reste curieux de constater que ce public bruyant, au-delà de l'âge des spectateurs, au-delà des "claques" du XIXe sicle, n'avait rien de nouveau et j'en ai pour preuve la Comedia espagnole de l'époque baroque et ses "corrales" où l'on se rendait pour bavarder, pour se montrer, voire pour tirer l'épée, plus que pour s'émerveiller devant les oeuvres de Lope de Vega, Tirso de Molina ou encore Pedro Calderón de la Barca. Bruit qui, déjà à l'époque (fin XVIe siècle et XVIIe siècle)entraînait des arrêts fréquents avec intervention directe des acteurs auprès du public.

      Bon, je promets de ne plus recommencer et réaffirme mon goût pour les arts, surtout lorsque la scène se trouve dans nos murs (je crois que malgré le temps qui passe et l'éloignement, ce sont encore aussi les miens. Voilà pourquoi je me permets de m'immiscer dans vos conversations qui peuvent être aussi les nôtres, et celles de bien d'autres, si vous le voulez bien).

      Fausto Garasa.

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  4. Veuillez lire dans le message précédent "Le Fils de Madame Angot" et non pas "La Fille de Madame Angot". Voilà ce qui arrive quand on parle ou écrit trop.

    Fausto Garasa.

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    1. Lapsus révélateur ;+))
      Je crois que tout le monde a joué au chat et à la souris. Le fils de Mme Angot ou le rosier de Madame Husson ;+))
      Amicalement
      Olivier

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  5. FAUSTO :"Le pavillon de la Duchesse de Berry"fût le collége Jehan Ango,avant que le lycée(dont j'ai essuyé les plâtres)ne soit construit

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    1. D'accord, je comprends mieux maintenant et apprends quelque chose qui va au-delà des sacro-saints bains de mer.

      Je ne savais pas que l'ancien lycée portait le nom de Caroline de Bourbon. A moins que vous fassiez référence au Petit Théâtre de la Duchesse de Berry où, selon ce que j'ai lu, avait lieu la remise des prix et où l'on donnait représentations (près des Tourelles). Où se trouvait donc l'ancien collège-lycée ?

      En mettant ma truffe dans des collections de photos anciennes, j'ai constaté qu'il existait jadis (mais peut-être que je me trompe) un collège Jehan Ango dont la porte principale donnait sur le quai Henry IV. Il était situé de l'autre côté de la moderne école maternelle Thomas qui donnait sur la rue Desceliers, école que j'ai moi-même fréquentée tout comme l'ancienne et proche école primaire Desceliers, située près du Ciné-Plage, sur le boulevard de Verdun.

      Pour ce qui est de l'école Desceliers, je sais qu'elle a été désaffectée en 1970. J'ai moi-même lavé ses carreaux beaucoup plus tard pendant l'été pour le compte de la ville (job d'été qui m'a ôté un temps une des multiples épines sociales que j'avais dans le pied). C'était bien après Tournier, à l'époque d'Irénée Bourgois (remember les mémorables joutes électorales Bourgois-Lalitte)avant que le bâtiment de l'école ne soit détruit pour construire du neuf, tout au bout de la rue de la Brasserie.

      J'ai même retrouvé un petit film sur la 4ème étape du tour de France 1960 (Dieppe-Caen) où les coureurs se préparent avant d'entrer en action dans la cour de ma chère école Desceliers, quelques années avant que je n'y fasse mon entrée en CP (classe de l'excellente Mme Gioux, dont l'excellence pédagogique me donna un avant-goût de celle de son mari que j'ai eu plus tard en CM2. Des enseignants qui m'ont marqué pour le meilleur et non pour le pire : dans le quartier, il valait mieux ! Et je ne vous parle pas de la Fête de la Jeunesse au stade, des voyages de fin d'année et des récréations qui s'éternisaient fin juin !).

      Bon, je m'égare. Voici, en tout cas, l'adresse électronique de ce reportage, s'il vous intéresse : http://www.ina.fr/video/CAF90019070/tour-de-france-4eme-dieppe-caen.fr.html On y voit aussi le Manoir Saint-Martin qui faisait le coin avec la rue Parmentier, manoir aujourd'hui rayé de la carte, tout comme la villa mauresque. Certains parmi vous reconnaîtront peut-être des visages de leur enfance.

      Pardon si mes souvenirs ne sont pas parfaits. Il est possible que ma mémoire me fasse commettre des erreurs et je vous serais fort reconnaissant de "rectifier le tir" le cas échéant (notamment pour cette histoire d'ancien collège Ango qui me perturbe grandement et qui révèle mon ignorance en la matière).

      Fausto Garasa.

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  6. FAUSTO:pour vous situer les TOURELLES,le CASINO,le PAVILLON DE LA DUCHESSE DE BERRY qui hébergeait le collége Jehan Ango(je suis entré en 6éme en 1952),en face le square PINSDEZ.L'entrée des potaches se faisait par une porte cochère rue de la HALLE AUX BLES juste à côté de la boulangerie où est né le PAIN DUVAL.Pour le quai HENRY IV mon père né en 1907 y a fait un bref passage

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    1. C'est bien de ce collège-là dont me parlait mon père, faisait-il lycée ensuite? il me semble qu'il est allé jusqu'à l'année du bac au même endroit mais ma mémoire me fait peut-être défaut.Pour ma part je n'ai connu que le lycée Jehan Ango aux couloirs si étroits que nous croiser entre les cours tenait du métro à l'heure de pointe !

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    2. Catherine a un an près le lycée à Caude Côte à du ouvrir en 1956/1957,j'y ai fait ma seconde et ma première B

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    3. Oui, j'ai connu aussi le lycée "de la falaise". Celui qui avait du Coffre en matière de bistrot comme disait Roger (allusion, bien entendu, et jeu de mot vaseux en prime).

      Un lycée qui m'a du reste grandement déçu car je n'y retrouvais pas, malgré le travail d'enseignants attachants et de qualité (que je ne méritais du reste sans doute pas : je crois qu'à l'époque j'étais un petit voyou égaré chez les "gens bien"), la chaleur de mon école Desceliers et de ses magnifiques enseignants du primaire qui m'ont donné le goût de la recherche et du savoir.

      Oui, assurément ces couloirs étroits, ce serpent "falaisien" (trop de mots n'ont pas encore été inventés ...) destiné à lutter contre le vent, les jeux de paume contre les murs et le foot entre 12 h et 14 h sur le terrain en béton juste en face du gymnase ... Il fallait malheureusement aller chercher trop souvent les balles dans le fossé (un abîme pour le moins éreintant : les connaiseurs et pratiquants me comprendront).

      Non, il n'était pas si décevant que cela ce lycée. Vive la contradiction et à bas la chiourme ! Et le théâtre ! Et ces professeurs de français censés être réactionnaires, mais qui ont tant appris au fils d'étranger(s) que j'étais et serai toujours ...

      Fausto Garasa.

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    4. "Connaisseurs" avec deux "s", bien entendu, comme il est des Henry IV qui sont des Henri IV en puissance.

      Have a good afternoon.

      F. Garasa.

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  7. Merci beaucoup Alain. J'ai compris. A votre époque (pas si lointaine que cela) le collège Jehan Ango du quai Henri IV n'existait plus en tant que collège. Il ne restait plus que le bâtiment, sa façade et la grande cour intérieure qui donnait sur l'école maternelle Thomas située rue Desceliers, école sans doute construite dans les années 50 (je l'ai fréquentée dans les années 60).

    Quant au Pavillon de la Duchesse de Berry, il hébergeait le collège. Je l'ignorais vraiment.

    Encore un grand merci.

    F. Garasa.

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  8. J'ai vu la pièce hier soir, et j'ai adoré! Des comédiens de talent, tous excellents dans leur rôle, une très bonne mise en scène. Chapeau à "Poil de carotte", et à la tante (génialissime!)
    Mr et Mme Lepic sont à la fois touchants et drôles à leur façon. Félicitations à toute la troupe, vous avez bien bossé!
    Il faut partir en tournée maintenant! Il y a une jolie salle à Grainville-la-teinturière, patrie de Jean de Béthencourt, la salle cauchoise, qui est très adaptée pour le théâtre, (j'ai des photos si vous le souhaitez). Les comédiens de Poil de Carotte méritent d'être connus!
    Bises

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    1. @ Marilou
      Merci à toi.Ca fait très plaisir. Graninville-la-teinturière ? Pourquoi pas. Merci pour le renseignement.
      Bisous
      Olivier

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  9. Belle prestation, Mesdames et Messieurs les comédiens. J'ai beaucoup aimé !

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