mardi 19 janvier 2010

Les Indiens dans la ville

Notre région porte encore les traces de Grandes Explorations du XVIème siècle, lorsque les frères Verrazane parmi d'autres, ouvrirent entre 1526 et 1528 la route vers l'exploitation de Bois de Braise dit "le Bois Brésil".
Ils découvrirentt à cette occasion les indigènes, en particulier les Indiens Tupi. Cette rencontre est gravée sur les murs de nos églises. C'est une de leurs particularités...

Lorsque des bas-reliefs de païens occupent les murs consacrés à la religion :

Eglise de Veules-les Roses.
La nudité des "Sauvages" est entrée dans l'imagerie religieuse :

Ci-dessous deux coiffes tupi faites de plumes et stylisées sur les piliers de l'église

Ci-dessous : un Indien Tupi porte comme arme dans la main droite, un casse-tête.
Le casse tête est une sorte de grosse massue servant à fracasser le crâne de l'ennemi. Les Indiens Tupi, dont une tribu se nommait les Tupinambas, auxquels eurent affaire les explorateurs normands, étaient des guerriers anthropophages. L'issue d'une bataille se soldait par un banquet au cours duquel les vainqueurs se régalaient des vaincus, estourbis à l'aide des casse-têtes, ou bien criblés de flèches. Manger son rival malchanceux revenait à lui rendre hommage. En le dévorant, le vainqueur croyait ingérer les forces guerrières du vaincu. En général on dressait dans les villages d'énormes grills à l'image des barbecues, et on y faisait rôtir les membres après avoir désarticulé les corps. Plus d'un de nos marins normands y passèrent !

Au musée des Arts Premiers, Quai Branly : un casse-tête Tupi.

Les carreaux de la vitrine réfléchissent mon ombre en train de prendre la photo. Ce qui gâche celle-ci, mais permet néanmoins de donner une échelle. Cette massue est immense. elle mesure au moins deux mètres. On imagine avec peine un guerrier la brandissant au combat... et pourtant !

La Frise des Sauvages dans l'Eglise Saint Jacques à Dieppe :

On reconnaît les Tupis à leur nudité, et leurs grands boucliers décorés de plumes d'oiseaux exotiques. A gauche et ci-dessous, un guerrier coiffé de plumes. Ce dernier orne le côté droit de la porte de la sacristie de l'église.
Ci-dessous un graffito d'une nef du XVIème siècle, se situant dans l'église Saint Jacques, sous la Frise des Sauvages.


Clichés : collection Quiquengrogne Dieppe

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6 commentaires:

  1. A mon avis, c'est pas un casse-tête que tient le Tupi, c'est une raquette de ping-pong.
    Je découvre ton blog par hasard. Très intéressant.

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  2. @ Alain
    J'hésitais aussi entre la massue et le miroir de la reine dans Blanche Neige... Je découvre par la même occasion tes blogs. Très jolies photos.
    Olivier

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  3. Connais tu Pierre Grignon ? Sur sa plaque de rue à Dieppe, il est qualifié de "Navigateur Poete", tout un programme.

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  4. @ Alain
    Je connais Pierre Crignon. C'est lui qui a écrit la relation de voyage à Sumatra des Frères Parmentier en 1529. On peut la lire au Fonds Ancien et Local de Dieppe. Pierre Crignon participa aussi aux Palinods de Rouen où il fut primé.

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  5. Cette histoire d'indiens Tupinambas amateur de chaire normande fait un peu froid dans le dos. J'irai voir la "frise des sauvages" à ma prochaine visite. Bravo pour la qualité de vos billets

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  6. @ Frédéric
    N'hésitez pas à nous demander pour une visite guidée.
    Et bonne année avec un peu de retard à la Maison Beaurevoir
    Olivier

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